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Toute l'actualité du mouvement des jeunes socialistes de Moselle.

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EDITO DE RAZZYE HAMMADI

Mobilisé(e)s sur le front et sur le fond...

Le CPE est retiré, dans le jargon parlementaire on parlera d'abrogation.
C'est incontestablement une victoire pour le camp du progrès. Des
semaines de mobilisations pour expliquer, organiser et unir le front du
refus face à cette nouvelle entreprise de démolition que constituait le
CPE. Si nous avons touché à un symbole, le contenu de la politique de la
droite reste inchangé. La loi sur l'égalité des chances légalisant entre
autres, le travail de nuit des enfants de 15 ans ainsi que la fin de la
scolarité obligatoire à 16 ans a été promulguée, ponctionnée de son
article 8, elle demeure une des lois les plus régressives de l'histoire
de la cinquième république.

Il nous faut d'autre part rester extrêmement vigilant en ce qui concerne
le dispositif de remplacement du CPE visant à l'accès des jeunes à la
vie active...il ne faudrait pas que la droite puisse crier "le cpe est
mort vive le cpe". Il nous faut rester vigilants et mobisés car une des
leçons de ces dernières semaines a été qu'au sommet de l'Etat régnait un
climat délétère et d'affrontement. La mission de CEUX qui font mine de
tenir "la cordée", Chirac, Villepin, Sarkozy, n'est plus la poursuite de
l'intérêt général, quand bien même celui-ci serait guidait par leur
idéologie, mais bel et bien la poursuite d'une course kamikaze visant à
l'élimination de son prochain dans la perspective de 2007.

La France a besoin d'une alternative, elle l'a crié. Une alternative
économique, sociale mais aussi institutionnelle. Et surtout d'une
alternative globale. Le débouché politique de ce mouvement ce peut être
nous, les socialistes, pour cela définissons les grands enjeux
civilisationnels et répondons-y, nous devrons le faire pour les jeunes
et le précarité car il est de ces enjeux qui marque une société et
définit les contours d'un projet de civilisation fondé sur le droit et
le progrès. Le Mouvement des Jeunes Socialistes proposera lors d'un
grand meeting à Paris le 22 avril, ses dix propositions pharess pour
l'alternative à gauche. La périlleuse condition de la jeunesse dans la
triste France de 2006 sera le point de départ de notre analyse pour
revendiquer un droit à l'avenir.

Voilà maintenant plus de trente ans que le chômage de masse sévit. 10%
de la population active - pour ne s’en remettre qu’aux statistiques
officielles - vit sans lendemain. Hormis la période comprise entre 1998
et 2001, la situation n’a cessé de se dégrader. À ce stade peut-on
sérieusement parler de crise ?

Puisqu’on nous explique que c’est « structurel » ne devrions-nous pas
plutôt parler de modèle ? Un modèle de société qui présente un taux de
chômage des jeunes deux fois plus importants que pour le reste de la
population et qui atteint dans certains quartiers populaires près de
60%. En définitive, une société où la jeunesse sert de variable
d’ajustement à l’activité économique. Les jeunes sont les premiers
embauchés au moment où l’activité reprend et les premiers licenciés
lorsque celle-ci se ralentit, de fait les jeunes sont parmi les
premières victimes d’une précarité qui tend à devenir la norme de toute
insertion professionnelle qui ne garantit pas pour autant d’échapper à
l’exclusion.

Depuis trente ans, les mesures à destination de l’emploi des jeunes se
suivent et se ressemblent, seuls les sigles changent. Du plan national
pour l’emploi de M.Raymond Barre en 1977 inaugurant le contrat à durée
déterminée spécifique au jeunes, en passant par le stage d’insertion à
la vie professionnelle (SIVP) et les travaux d’utilité collective (TUC)
initiés par la gauche au début des années 80 et abandonnés après 88,
jusqu’au fameux contrat d’insertion professionnel (CIP) de M.Edouard
Balladur baptisé «smic-jeune » et qui ne survivra que quelques semaines
face aux manifestations étudiantes, la logique reste la même. Statuts
dérogatoires au droit commun, salaires et protection au rabais,
exonération de « charges » et cadeaux fiscaux pour les entreprises qui «
consentent » à embaucher des jeunes…en somme, depuis trente ans lorsque
les gouvernements annoncent qu’ils vont s’attaquer au chômage des
jeunes, ces derniers sont perçus comme une charge qu’il faut compenser
par des aides aux employeurs, un risque que l’on se doit de border en
proposant des contrats à durée déterminé, un sous-salariat qu’il
convient d’assister sans pour autant s’attaquer aux racines du mal.

L’ensemble de ces mesures spécifiques aussi inefficaces que
précarisantes n’ont pas empêché le chômage des moins de 26 ans de
doubler en quelques années.

Le CPE, ajoutant à la précarité l’humiliation du licenciement sans
motif, fut le dernier avatar de ces politiques de courte vue dont
l’objectif est tantôt de vouloir donner à l’opinion publique des gages
de volontarisme en matière de lutte contre le chômage, tantôt de
renforcer les arêtes d’un modèle où les jeunes subissent de plein fouet
une double peine sociale. Précarisés dès leur entrée dans le monde du
travail, ils en ressortiront sans garanties de retraites lorsqu’en plus
de la crise de financement du système viennent s’ajouter les milliards
d’euros d’exonérations consenties au nom de la noble bataille pour
l’emploi des jeunes.

Modèle contre Modèle. Notre logique est toute différente et ce à double
titre. Au gouvernement qui installe peu à peu une société de la défiance
généralisée, défiance envers le savoir avec la paupérisation du service
public d’éducation, défiance envers la démocratie avec l’absence de
concertation et l’enfermement de Dominique de Villepin en dépit de ce
qu'a étéle grondement sans cesse plus fort de la contestation dans notre
pays, défiance envers les jeunes avec la période d’essai de deux ans du
CPE, nous voulons renverser la vapeur et promouvoir une société de la
confiance. Naïveté ? Non.

Nous avons la simple et intime conviction que toute société a besoin de
confiance si elle souhaite avoir un avenir, et que le repli,
l’exposition à la violence du marché lorsque les relations en son sein
ne sont pas fondées sur des droits et des devoirs, la précarité sont
destructeurs. C’est un ressort simple, mais indispensable.

Restaurer la confiance nécessite bien évidemment l’investissement dans
l’avenir, un financement ambitieux de la recherche, des moyens à la
hauteur des enjeux pour l’éducation et la formation, une redistribution
des richesses à même de relancer la consommation mais aussi la
refondation des principes qui régissent le triptyque emploi, formation,
mobilité.

C’est la philosophie du contrat d’entrée dans la vie active discutée
dans le cadre de la commission du projet et de la proposition de loi des
socialistes qui sera déposée le 16 mai prochain. En alliant à la
sécurisation des parcours professionnels et de formation tout au long de
la vie, les garanties de moyens permettant l’effectivité de droits aussi
élémentaires qu’universels que sont les droits à l’éducation et la
formation. Nos propositions ont le mérite d’incarner un dispositif
d’ensemble. Un modèle qui replace le citoyen, son autonomie et donc sa
dignité au centre de toute politique d’emploi.

Pour les jeunes, qu’ils soient étudiants, en formation ou en phase
d’insertion, c’est la possibilité, dans l’esprit de l’allocation
autonomie, proposée par le Mouvement des Jeunes Socialistes de définir
un parcours menant à la vie active par voie contractuelle. En
individualisant le soutien financier apporté c’est une refonte générale
des aides fixées aujourd’hui sans condition de ressource que l’on
suggère. Par la personnalisation et le suivi du parcours au niveau des
personnes c’est un droit à la première expérience professionnelle qui se
dessine.

Pour avoir confiance, entrevoir l’avenir est nécessaire. Avec le CPE et
le CNE, l’avenir ce n’est pas plus loin que ce soir ou peut-être demain
matin…Notre conviction est que l’avenir…ça peut-être nous tous.

Razzye HAMMADI

Président du Mouvement des Jeunes Socialistes

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