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Les bourgeois s’étaient mis à rêver. Ils rêvaient de pouvoir mettre en échec Lula après avoir réussit à le mettre en ballottage et l’obliger à aller au deuxième tour de l’élection présidentielle. Lula a finalement été élu avec 60% des voix. La 9ème puissance mondiale va donc rester à gauche. C’est un élément fondamental du rapport de force global que nous devons construire. En effet, nous avons pris l’habitude de nous plaindre du recul de nos idées et des forces progressistes mondiales. Chaque jour amène soit par les armes soit par les urnes les forces obscurantistes que sont les religieux radicaux et l’extrême droite au pouvoir en Europe et dans le monde. A contrario, l’Amérique latine, après avoir basculé massivement à gauche est en train de confirmer cette orientation progressiste.
Le Brésil de Lula a une mission particulière à jouer dans ce rapport de force global. Si on peut se féliciter des victoires de la gauche au Venezuela, au Pérou, en Argentine ou dans d’autre pays, aucun de ces pays n’a le poids économique, politique et symbolique du Brésil. Reste à confirmer les éléments de la campagne de Lula, à savoir une réorientation de sa politique plus à gauche que le premier mandat. Il faut rappeler que le PT, qui est le parti du président ne représente que 18% du congrès et encore moins au Sénat. Lula est donc obligé pour gouverner de s’appuyer sur des forces centristes qui sont loin de partager ses idées sur la redistribution des richesses au Brésil. En revanche, on peut penser que le Brésil a aujourd’hui plus de marges de manœuvre qu’hier pour mener une réelle politique de redistribution des richesses et de croissance durable. Lula a déjà annoncé la fin de la politique monétariste qui a été celle de son gouvernement jusqu’à aujourd’hui qui visait à garder des taux d’intérêts élevés pour faire baisser une inflation structurelle, (17% de taux d’intérêts au Brésil contre 3.25% dans la zone Euro) afin de relancer la croissance Brésilienne et créer des emplois. Il a également annoncé la phase 2 de la bourse aux familles qui a permis de sortir de la misère des millions de brésiliens. Enfin, le remboursement anticipé de sa dette au FMI lui a permis de sortir des programmes imposés par le consensus de Washington et qui visaient à toujours plus de privatisations et de déréglementation.
A nous, il nous a montré qu’on ne gagne pas une élection présidentielle sur les thèmes et les valeurs de la droite mais en mobilisant l’électorat populaire. Sachons en tirer les enseignements nécessaires.